Infectés, un peu, mais pas assez.

Infectés, c’est un film qui est passé inaperçu et qui a reçu des critiques assez virulentes, en particulier aux Etats-Unis. Il était sorti en 2009 partout dans le monde, idéal pour surfer sur la vague paranoïaque de la fameuse Grippa, mais il a été diffusé en France seulement en 2010 (le pauvre). La bande-annonce, et tout le monde s’accorde à le dire, est sacrément mal conçue, de même que l’affiche, qui nous laisse imaginer du cinéma d’horreur pur, alors qu’il n’en est rien. Autant, vous prévenir tout de suite, ce film, c’est du 4/10 avec l’indulgence du jury (en l’occurence, moi).

Infectés, c’est un peu une caricature, au départ. Brian, Bobby, Danny et Kate, rien que les noms, on est juste désolé pour les réalisateurs. Cela dit, je suis une vraie amatrice de nanard, et même si ça me contrarie toujours de payer pour voir des Bobby et des Danny gesticuler avec des blondes, je me suis dit que ça serait l’agréable occasion de regarder de l’hémoglobine sur grand écran et de sursauter bêtement. Hélas, ça n’est pas un film d’horreur. Car le long-métrage de Alex & David Pastor s’oriente plus vers le film psychologique.

Et là, c’est le drame. C’est un film lent, pour jouer sur les tensions entre les personnages, et nous mettre dans l’ambiance glauque de cette fin du monde inéluctable. On se retrouve donc dans un décor dépouillé avec la traditionnelle longue route dans le désert, les arrêts aux stations d’essence, le petit détour par un lycée morbide… Classique, avec peu de rebondissements, car ceux-ci sont simplement basés sur l’évolution (ou régression) morale des derniers individus qui peuplent une planète dévastée par des miasmes peu ragoûtants.

Ce qui est censé être intéressant, dans ce film, ce sont les réactions des personnages face à toutes les questions existentielles et éthiques qui se posent face à la mort imminente et contagieuse de son prochain : doit-on sauver un chouette papa avec sa petite fille infectée qui crache du sang, doit-on sauver sa petite amie contaminée par le virus, etc. L’horreur ne doit pas résider dans l’exposition de cadavres et de démonstrations morbides, mais dans l’attitude des personnages, qui se retrouvent confrontés à la peur de la mort, de l’abandon, d’eux-même. Ainsi, les personnages ne sont liés entre eux, finalement, que par la décision que chacun va prendre vis à vis de l’autre. La situation se répète en gradation : nouvelle infection, nouveau problème éthique, nouvelle décision. Le film brosse donc un portrait peu flatteur de l’humanité, à travers ces humains déchirés qui retournent à l’état primaire, pour peu qu’on leur accorde quelques secondes de vie en plus.

Pourtant, ça n’est jamais assez. Sitôt que l’on admet avoir affaire à un film psychologique, on ne réclame plus de sursauts et de scènes gores, mais de la finesse. Malheureusement, Infectés en manque cruellement et ne va pas assez loin. La dimension psychologique est à peine explorée, du moins pas assez  pour déranger le spectateur et le mettre mal à l’aise face à un reflet disgracieux qu’il ne connait pas déjà. Tout cela reste superficiel, avec de bonnes intentions, mais avec trop peu de jugeotte…

A lire aussi » une critique sur Le blog du cinéma, que j’approuve en grande partie et qui pourra compléter mon article sur plusieurs plans.

Poppy Gali, le 12 juin




3 messages sur “Infectés, un peu, mais pas assez.”



x_x Un peu à la 28 jours plus tard quoi ? Chiant, en fait… désolée que tu aies payé pour ça du coup !

Gâ-L
12 juin 2010 à 21 h 21 min



Avec la promotion spéciale du 9 au 15 juin, j’ai payé ma place 3,90€ au pathé Grand Ciel, c’est pour ça que je ne râle pas plus en fait… 8) !

Poppy Gali
13 juin 2010 à 10 h 46 min



Oh oui Gali, je te veux (haeummm :D) pour wordpressssssss!

<3

ça s’est bien passé ta dernière épreuve?

Nae
24 juin 2010 à 19 h 47 min



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